L’allongement du congé paternité, une action en faveur de l’égalité hommes-femmes

Oui. Ce sont les femmes qui portent les bébés dans leur ventre. Ce sont aussi elles qui accouchent et qui allaitent. En revanche, toutes les autres tâches parentales ne leur sont pas réservées et peuvent être assumées sans discrimination par un homme.

 

 

Pourtant, de nombreuses études démontrent que l’arrivée d’un enfant transforme les habitudes domestiques et professionnelles des couples de parents au détriment, majoritairement, de la mère.

Elle reçoit une plus grosse part de tâches parentales et ménagères, et fait de plus grands sacrifices professionnels qui entraînent des inégalités salariales à long terme. Ce n’est pas un hasard si, ces dernières années, la question de l’allongement du congé paternité fait débat et est devenue un vrai sujet de société.

Instauré en 2002 par Ségolène Royal, le congé paternité et d’accueil de l’enfant prévoyait jusqu’ici, en plus des trois jours de naissance obligatoires, 11 jours calendaires ou 18 jours pour une naissance multiple.

 

 

Depuis le 1er juillet 2021, contre 18 auparavant. Cet allongement concerne les salariés du privé, les agents de la fonction publique, les travailleurs indépendants et professions libérales, ainsi que les non-salariés agricoles. Une bonne nouvelle pour les papas mais aussi une avancée notable en faveur de l’égalité hommes-femmes.

Mais cette réforme change-t-elle fondamentalement la donne ?
Si elle incite au moins symboliquement les hommes à prendre leurs responsabilités à la naissance de leur enfant, comparés aux jeunes mères qui disposent d’un congé maternité de seize semaines rémunéré à hauteur de 100 % de leur salaire, le déséquilibre est flagrant et a des conséquences sur la carrière professionnelle qui ne sont pas les mêmes. Mais l’enjeu d’une telle réforme ne concerne pas seulement l’égalité dans l’entreprise.

Pourquoi laisserions-nous les femmes porter seules toutes les difficultés de la parentalité ? Alors on peut s’attendre à ce que cet allongement conduise à une modification, sur le long terme, des arrangements au sein des couples sur la répartition des tâches domestiques.

Plus les hommes prendront leur part, mieux les contraintes parentales seront acceptées dans l’entreprise et moins les femmes risqueront d’être discriminées.
Mais finalement, ne devrions-nous pas revoir notre approche globale de la parentalité ? On la considère comme un privilège mais ne serait-elle pas finalement plus proche du droit ou même du devoir ?

 

Texte Marie Gineste