Les Majors-girls, Les célèbres majorettes de Montpellier

Depuis 57 ans pour certaines, elles font tourner le « bâton » en chorégraphie sous les consignes et la conduite de leur capitaine, Josy Aichardi. Cette dernière nous a raconté leur belle histoire.

 

Une histoire avant tout de femmes. Toutes passionnées et sincères qui ont fait les beaux jours des défilés populaires des années 60. Depuis cette époque, avec plus ou moins d’assiduité, elles consacrent la majeure partie de leur temps libre à l’art du lancer de bâton.

Sous les trophées et les photos qui tapissent le mur du local, Josy se remémore le temps de la gloire, où la troupe courait de contrat en contrat. C’est Suzette, la mère de Josy, qui est la fondatrice des Majorettes Montpelliéraines. C’est elle qui a créé le groupe en 1964. Pour cette institutrice, l’aventure ne devait durer qu’une journée, le temps d’un rassemblement de Landies, mais le succès est tel qu’elle se prend au jeu. Josy n’a que quinze ans lorsque Suzette en fait la capitaine puis l’entraîneur des majorettes. Elle vient d’entamer une carrière de volleyeuse internationale. « Ma mère m’a mise d’entrée à la tête du groupe et je n’en suis jamais partie. » Les premières années, elles sont une trentaine à se déplacer un peu partout en Europe. Et surtout en Espagne. La bande passe les fêtes de Noël à Madrid où se tient pendant quinze jours le Festival international du cirque. Elles se produisent pour la Fête de la Merced, à Barcelone, ou encore celle de la sardine, à Murcia. Ce sont leurs années d’or. Des périodes d’intenses émotions. Louisville aux États-Unis, Tibériade en Israël, le stade de Wembley en Grande-Bretagne, l’Allemagne et… Eindhoven. La liste est longue ! Mais au milieu des années 70, la situation change. Les majorettes se ringardisent aux yeux du grand public. Certains cherchent à professionnaliser la discipline, en vain. Les années 80 marqueront le creux de la vague. Mais il en faut plus à la mère et à la fille pour se décourager. Elles s’inspirent de ce qui se pratique aux États-Unis, dépoussièrent leurs costumes et surtout leurs chorégraphies. Georges Frêche, qui les a toujours soutenues, les nommera citoyennes d’honneur de Montpellier, pour porter haut l’étendard de la ville. Entre-temps, Josy est devenue pharmacienne et s’est mariée avec le chauffeur du bus de la troupe. Ensemble ils ont eu une fille, Laure. Diplômée d’aérobic, elle s’occupe notamment aujourd’hui de la musique et de la chorégraphie. Mais si elle aide beaucoup, Josy le sait, elle ne reprendra pas le flambeau. Plusieurs fois par an, elles continuent de se produire à Castelnaudary lors de la traditionnelle Fête du Cassoulet ou au prestigieux club branché parisien du Rosa Bonheur. À chaque fois, c’est l’occasion de revêtir paillettes, chapeaux, collants et bottes, et de donner le meilleur d’elles-mêmes. Si leur histoire a trouvé ses racines dans la fougue de leur jeunesse, le temps ne semble pas avoir d’emprise sur ces mères et grand-mères qui ont défrisé les bonnes mœurs provinciales de l’époque. « Les Espagnols n’avaient jamais vu une minijupe ni une majorette de leur vie ! », sourit Josy. Ni sur le lien indéfectible qui les unit depuis déjà plusieurs décennies. Défilés, tournées, reportages, agents, compétitions dans le monde entier, c’est un véritable héritage qu’elles nous lèguent. Un héritage qui a ouvert la voie aux générations futures… un avenir sans nul doute plus libre et décomplexé.